Une pépite au cœur de Hohwiller : Au bœuf
Direction le charmant village de Hohwiller pour un nouveau test gastronomique, haut en couleurs et en saveurs, le temps d’un repas en famille.
C’est au centre de ce petit village de l’Outre-Forêt que se trouve cet établissement ancré dans l’histoire locale. D’abord simple café-bistrot, le lieu a évolué au fil des générations pour devenir aujourd’hui, sous l’impulsion de Cédric et Allison Rott, une adresse moderne, raffinée et gastronomique qui fait déjà beaucoup parler d’elle — et ce n’est sans doute que le début.
A savoir : Le restaurant, gastronomique le soir et le week-end, propose aussi une carte typée plus “bistro” le midi en semaine.
🛋️ Une invitation à la détente dans un cadre contemporain
La décoration mêle élégance contemporaine et touches naturelles, créant une atmosphère à la fois chaleureuse et sophistiquée. Les lignes sont épurées, avec un mobilier moderne aux formes simples et aux teintes sobres, dominées par des nuances de bois clair, de noir et de beige.
L’espace est subtilement structuré par des éléments décoratifs originaux, comme des séparations en bois flotté, apportant une dimension organique et artistique. Les murs sont agrémentés de sculptures murales abstraites aux tons blancs, dorés et verts, qui ajoutent du relief et du caractère à l’ensemble.
Des suspensions design diffusent une lumière douce et enveloppante, tandis que des bandes lumineuses discrètes soulignent l’architecture de la pièce. Les tables, soigneusement dressées avec une vaisselle très élégante, renforcent l’impression de raffinement.
Le service est souriant, attentif et parfaitement dosé : présent sans être envahissant. À noter qu’Allison Rott a été récompensée par Gilles Pudlowski en tant que meilleure hôtesse de l’année dans le classement Pudlo Alsace 2026.
Vous constaterez au fur et à mesure des photos que la vaisselle occupe une place importante dans la construction des plats. Une élégance naturelle et un design qui renforcent le raffinement des plats.
🍽️ Une cuisine raffinée et inspirée
Nous avons pu découvrir la nouvelle carte printanière. Étant en famille, nous étions assez nombreux pour tester plusieurs menus : le menu Racines à 80 € par personne ainsi que sa version végétarienne à 70 € et le menu Symbiose à 85 €.
L’établissement propose d’accorder les vins aux plats en plusieurs options : 2, 3 ou 4 verres (respectivement à 18, 27 et 36 €/personne). J’aimerais souligner qu’il existe une version d’accords sans alcool qui comprend des jus, infusions et kombuchas (3 verres à 21€/personne). Une alternative intéressante pour découvrir d’autres types de boissons. Une tendance d’ailleurs qu’on commence à retrouver dans quelques autres restaurants gastronomiques également.
Nous débutons notre voyage gastronomique avec l’apéritif maison pour la majorité de la table : un cocktail maison à base de sureau, fruits rouges et de crémant. Servi dans de grands verres ronds, l’apéritif est décoré avec de petites fleurs alimentaires qui nous mettent immédiatement dans une ambiance printanière, comme pour nous préparer à cette nouvelle carte de saison. Ce joli breuvage, léger et pas trop sucré, nous promet une belle dégustation à venir.
Pour accompagner l’apéritif et nous plonger dans l’univers de la cuisine raffinée du lieu, nous débutons avec 3 amuses bouches.
Le premier est une gougère aux petits pois. La gougère, légère et fondante, renferme la délicate saveur des petits pois. Elle est servie avec un cracker de graines qu’il faut plonger dans la noisette de gel framboise-harissa.
Le deuxième est un fin biscuit salé au parmesan avec une mousse de laitue et wasabi. La mousse, très végétale, permet de contrebalancer le gras du parmesan.
Le troisième est une meringue à la betterave et mousse de chèvre. La puissance du fromage accompagne agréablement le côté terreux de la betterave.
Un beurre maison aux algues est apporté pour accompagner des pains frais et croustillants. Un élément intéressant de ce beurre maison réside dans les différentes strates qui ne sont pas toutes les mêmes : suivant le morceau on tombe sur une couche plus “aillée” ou avec plus d’algues. Original pour le coup.
🌿 Le menu Racines (et sa version végétarienne)
Afin de profiter pleinement de notre dégustation, je vous propose de commencer d’abord par le menu Racines et sa déclinaison végétarienne.
La première entrée était un Foie gras “comme un gâteau”, cidre et compotée de figues. Le foie gras était très fin et goûteux et sa présentation pour le moins originale : en forme de tarte avec pour base un fond craquant. Le tout était accompagné d’une brioche feuilletée au beurre délicieuse et parfaite pour accompagner ce met si noble.
Pour la version végétarienne, nous avons des asperges vertes et morilles avec sauce au Comté et vin jaune. Une entrée printanière forte en caractère et en gourmandise que je détaillerais plus bas (car aussi présente dans le menu Symbiose).
Une petite Interlude était ensuite proposée (pour tous les menus d’ailleurs) : une quenelle d’omble chevalier accompagnée d’un beurre blanc au citron noir. Une petite bouchée sympathique, intéressante sur la texture de la quenelle un peu élastique et neutre, relevée par cette sauce ronde au beurre et légèrement citronnée qui apportait une acidité agréable au côté gras du beurre.
La deuxième entrée était de l’Omble chevalier, kasha, vin orange, œufs de truite et moules. Cuit à cœur, le morceau était savoureux et le kasha ramenait un peu de croquant au plat. Le jus servit avec ce plat était composé de moules qui ont su apporter une saveur iodée forte agréable.
La version végétarienne de cette deuxième entrée était de l’Artichaut avec une écume de livèche, accompagné d’un sabayon à l'ail fumé. Le sabayon, servi à côté, était d’une texture aérienne légère assez impressionnante et recouverte d’une fine couche de chapelure intéressante. Le goût d’ail fumé était puissant tout en conservant la richesse du sabayon.
Un effet très surprenant quand on combinait avec la douceur de l'artichaut. Un artichaut justement très fondant dans sa petite écume de livèche, un vrai plaisir avec les chips croustillantes parsemées sur le dessus.
Le plat qui a suivi était du Boeuf Wellington, pleurotes, sauce aux noix. La croûte était composée du bœuf recouvert d’une feuille verte, peut être de l’oseille, difficile à déterminer mais en tout cas d’un goût surprenant et déconcertant; ainsi que d’une duxelle de pleurotes fondante et légère en goût. La réduction de sauce aux noix était parfaite, avec du caractère et bien relevée. Les noix apportaient une touche croquante forte agréable. La croûte, en pâte feuilletée, était bien cuite juste comme il faut et joliment décorée.
Petite déception sur la cuisson du bœuf Wellington pour certains convives car il était presque bleu. Un manquement de quelques minutes de cuisson, peut être dû à cette cuisson à l’étouffée ? Un niveau de cuisson en tout cas qui ne plaît pas toujours à tout le monde.
Pour le plat végétarien de ce menu, nous avons eu une Déclinaison de céleri en tagliatelles. Un plat original de par sa présentation : les tagliatelles étaient d'une finesse remarquable. Mais aussi original de par sa texture tendre et le mélange du goût terreux du céleri contrebalancé par une sauce aérienne et légèrement noisettée.
Avant de passer aux desserts, nous recevons tous une boisson pour nous préparer à la sucrosité de la suite. Servie un peu comme un digestif (nous pensons immédiatement à un Whisky ou un Cognac ,: ), nous découvrons un glaçon infusé aux 5 épices. Un jus de 5 agrumes vient compléter cette boisson, avec un jeu de couleurs changeante au moment du service qui fait son petit effet. Une scénographie que j’ai fortement appréciée.
Un moment très poivré et surtout très désaltérant qui, selon moi, arrive au bon moment pour préparer le palais aux saveurs suivantes.
Et pour terminer sur la note sucrée : le Chocolat grand cru, noisettes, sapin. Un dessert particulièrement gourmand et délicieux. Un vrai coup de cœur pour les convives qui ont salué l’onctuosité du dessert, même si les notes de sapin n’étaient pas très présentes.
Le dessert était accompagné d’une grande tuile au chocolat montée sur une forme d’alvéoles, une véritable œuvre d’art avec ses petites graines caramélisées nichées dans quelques alvéoles. On ne peut que saluer un tel niveau de détails !
Le dessert du menu végétarien était sur le thème de la rhubarbe, de l’aspérule et de la fève tonka. Un dessert végétal qui clôture bien ce menu végétarien et qui est également présent dans le menu Symbiose. Je le détaille plus bas dans le déroulement du menu.
🌱 Le menu Symbiose
Passons maintenant au menu Symbiose. Nous débutons avec les asperges vertes et morilles, espuma au vin jaune et au Comté 18 mois. L’entrée est servie avec le jus de cuisson des morilles sur le côté. On nous conseille d’ailleurs de commencer par une petite gorgée de ce jus pour nous mettre dans l’ambiance du plat. Moi qui adore les bouillons, je me suis délectée de ce petit jus parfumé aux morilles et bien assaisonné.
Les asperges vertes, croquantes, et les morilles, fondantes, se sont accordées à merveille avec la rondeur de l’espuma servi sur le côté. Un espuma de Comté à la texture dense et soyeuse, développant une rondeur remarquable et un goût long en bouche appuyé par les notes de vin jaune. J'ai également apprécié le croquant des petits croûtons qui venaient compléter l'ensemble.
Après la quenelle d’omble chevalier en interlude que j’ai mentionné plus haut, la deuxième entrée était du maquereau à la flamme, asperges blanches et sabayon à l’ail fumé. La chair du maquereau était aussi fondante que puissante et les asperges blanches encore légèrement croquantes pour amener un peu de texture au plat. Le poisson était nappé d’un sabayon à l’ail fumé : une belle texture mousseuse qui flottait dans la bouche et une saveur d’ail fumé très surprenante qui relevait le caractère du maquereau.
La suite du menu était un tartare de filet de bœuf avec un sorbet à la laitue de mer, le tout surmonté d’un espuma de concombre. Le bœuf était coupé avec une finesse maîtrisée et les morceaux tendres et bien assaisonnés étaient un plaisir à déguster avec le sorbet de laitue de mer. Le goût frais de l’algue était étrangement bien en accord avec la rondeur de la viande. D’autant plus que l’espuma de concombre ajoutait un peu de fraîcheur et une légère amertume. Un peu d’aneth, toujours agréable pour accompagner le concombre, et des brisures de croûtons complétaient l'assaisonnement de ce petit plat bien frais.
Détail intéressant à souligner : bien qu’il n’était prévu que dans le menu Symbiose, ce rafraîchissement a été servi à toute la table. Un geste élégant qui m’a énormément plu et démontre encore une fois l’importance des petites attentions pour l’établissement.
Le plat suivant était de l’agneau accompagné de petits pois et d’un condiment aux olives noires. L’agneau était fondant et savoureux, un vrai régal. Les petits pois, le condiment d’olives et la petite huile verte qui avait selon moi des notes mentholées permettait d’apporter un peu de végétal. Une jolie sauce brune corsée légèrement relevée aux noix et champignons shiitaké accompagnait la viande.
Petit bonus, une petite bouchée d’agneau confit était servie à côté du plat, un peu comme une deuxième assiette ou deuxième version de l’agneau. La viande y était fondante et légèrement sucrée, dû au côté confit de la bouchée.
Et pour finir sur la note sucrée, après avoir siroté le rafraîchissement aux épices et aux agrumes que j’évoquais au-dessus, le dessert à base de rhubarbe, d’aspérule et de fève tonka est arrivé.
Un joli dessert léger et printanier servi comme une île flottante surmontée d’un disque de chocolat où de fines et élégantes tranches de rhubarbe trônaient fièrement. J’ai particulièrement apprécié le subtil mélange de l’acidité de la rhubarbe avec la sucrosité et la rondeur du chocolat et de la crème. Un beau mariage qui proposait une légèreté qu’on recherche en fin de repas.
Une touche fraîche accompagnait le dessert dans une verrine sur le côté : une quenelle de glace à la fève tonka sur un petit granité vivifiant à l'aspérule. Encore une fois j’aimerais saluer le mélange des genres qui est toujours très bien réfléchi pour proposer des saveurs riches et rondes mais toujours contrebalancées par des acidités et des amertumes toutes aussi franches que fraîches.
☕ Une conclusion en douceur
Pour conclure notre magnifique repas, nous prenons un café avec lequel on nous amène une petite crème glacée au caramel toute gentille et toute douce. Quelques vermicelles de kadaïf sont parsemées sur le dessus comme un “topping” pour apporter du croquant.
J'aimerais conclure en soulignant que j’ai vraiment été impressionnée du soin apporté aux détails qui gravitent dans et autour des plats : de la petite sauce, écume, émulsion, sabayon, aux bouchées servies en deuxième assiette en passant par les rafraîchissements d’une vivacité bien sentie, c’est toute une réflexion et je dirais même presque une scénographie qui sont pensées pour nous faire passer un moment gourmand bien à part.
Nous repartons avec l’impression d’avoir passé un moment gastronomique de haute qualité et hors du temps et surtout avec le sentiment d’avoir déniché une sacrée pépite.
Ce que j'ai adoré :
Un effet Wouah dans la présentation et les petites attentions
Une cuisine élégante et réfléchie aux saveurs raffinées
Un joli cadre contemporain et un service agréable
Mon verdict
Une dégustation incroyable, surprenante, attentionnée. Une cuisine savoureuse, délicieuse, raffinée, et surtout des plats très précis et réfléchis dans le respect de la saisonnalité. Un établissement que je recommande vivement et qui vient de rentrer dans mes restaurants préférés ! J'y retournerai, c’est certain !
Infos pratiques :
Catégorie : Gastronomique
Fourchette de prix : 💲💲💲
Accessibilité : parking à côté du restaurant
Adresse : 33 rue Principale Hohwiller 67250 Soultz-sous-Forêts
Site web : restaurant-auboeuf.com






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